À contre-courant ?

Le cerveau et le clavier

Suis-je à contre-courant si j’affirme que l’humain aura toujours plus de valeurs que la machine ? Suis-je d’une autre planète si je préfère une conversation avec une vraie personne à un dialogue avec un écran et un clavier ? Je fais de la communication depuis quelques décennies ; j’ai vécu, j’ai participé à plusieurs évolutions et révolutions (technologiques entre autres), mon métier est éminemment relatif et lié aux comportements humains ; et si je sais une chose, c’est la complexité de la nature humaine.

Sans les (hu)mains !

J’entends et je lis des discours qui font parfois froid dans le dos. Certaines actus surgissent, qui semblent parfois hors-sol. Vous avez par exemple probablement entendu parler des entreprises sans humains ? Qui bénéficieraient de surcroît d’avantages fiscaux afin de favoriser leur développement (c’est en Argentine, pas de panique… enfin, pour l’instant). Mais sans aller aussi loin, et en restant dans le domaine de la communication, il paraîtrait qu’on puisse réaliser un site web en « full IA », sans intervention humaine. Conception, graphisme, rédaction, développement, tout. Ah bon ?

 

Les 10 Tableaux les Plus Célèbres de Joan Miró

© Joan Miró

 

« Ma parole ! »

En ce moment, avec l’agence Trait d’Union, nous terminons un livre sur ce pharaonique chantier de la Part-Dieu (si, si, vous savez : la gare refaite, cette immense tour à côté, la place devant et le parking en dessous… un truc énorme). J’en ai écrit les textes, et je crois que ce qui fait l’une des forces de ce livre, ce sont ses nombreux témoignages. Et les gens qui m’ont livré ces témoignages – maçons, chefs de chantier, électriciens, etc. –, l’ont fait durant de vraies rencontres. Nous avons parlé en tête-à-tête et j’ai recueilli leur parole, leurs anecdotes, leurs ressentis. J’en ai fait les textes et j’en ai extrait les témoignages. Et ce qu’ils m’ont donné, on ne le trouvera jamais sur le web.

On a dégusté

Hier soir, un ami est passé. Il a apporté une bouteille de rosé, alors nous sommes allés sur ma terrasse et nous l’avons gentiment (et largement) dégustée en discutant. Cet ami ne fait pas du tout le même métier que moi et nous n’avons d’ailleurs pas parlé boulot. Pourtant, cette conversation m’a fait réfléchir sur mon parcours et la manière de considérer la profession que j’exerce. Et c’est probablement de cette conversation qu’est né cet article.

Je m’égare ? Pas du tout, je présente justement là ce qui fait la richesse de la pensée humaine : cette capacité à vagabonder. Et dans les métiers créatifs, cette capacité à vagabonder est infiniment précieuse. Alors, remettons l’IA à sa place et n’oublions pas que c’est de l’humain que viennent tous les savoirs et toutes les créations. 

 

Tant qu’on parle d’IA, une page à ce sujet

Et toujours le portfolio pour en savoir un peu plus sur mon métier

Quand est-ce qu’on se voit ?

Le syndrome du moteur en marche

Et voilà : nous sommes aux portes de la rentrée, et les vacances sont derrière nous. Et voilà : nous venons de vivre un épisode caniculaire inédit ; et dans le jardin au pied de mon bureau, la végétation ne fait pas la maline. Et voilà : les climatosceptiques sont de plus en plus en plus discrets et la terre continue d’être ronde. Le réchauffement climatique fait (presque) consensus ; mais en la matière comme en d’autres, constatons que l’humain est drôlement constitué. J’en veux pour preuve un phénomène aussi fréquent qu’absurde et désespérant, que j’ai nommé le syndrome du moteur en marche.

Mais si, vous savez bien : il s’agit de ces automobilistes à l’arrêt qui laissent tourner leur moteur thermique en attendant que leur moitié fasse les courses, que leur chien ait fini son tour, ou tout simplement que le temps passe. Comme si, à l’inverse de ce qu’on dit couramment, l’intelligence jaillissait de la multitude et la crétinerie s’épanouissait au cœur de l’individu.

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Soit, on peut concevoir que certains souhaitent profiter de leur climatisation (qui, notons-le, en rafraîchissant l’intérieur contribue à réchauffer l’extérieur) ; mais bon, il est tout de même possible de survivre quelques minutes sans ce petit confort qui n’est finalement apparu qu’assez récemment dans nos automobiles… En revanche, j’ai beau faire tous les efforts du monde, j’avoue mon impuissance à comprendre ceux qui laissent leur moteur ronfler avec les fenêtres ouvertes, voire les portes. Sont-ils accros à l’odeur de leur gazole ? Ou j’ai raté quelque chose, ou on frise le grand n’importe quoi, non ?

Alors que nous sommes capables de descendre dans les rues et de nous enflammer pour 10 centimes du litre d’essence en plus ou pour 10km/h sur la route en moins, ça ronronne inutilement et tranquillement sous le capot. Alors que les deux tiers des Français et les trois quarts des 16-25 ans ont peur de l’avenir et sont touchés par l’écoanxiété, nombre d’entre nous jugent superflu d’accomplir un geste aussi simple qu’arrêter leur moteur et polluent en toute insouciance. Alors que l’inflation s’est installée dans notre quotidien et que d’aucuns font joujou avec la disponibilité des énergies fossiles, on crame joyeusement du carburant sans raison.

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OK, vous pouvez penser que je suis un vieux râleur, c’est probablement le cas. Et si je ne suis pas atteint par le syndrome du moteur en marche, je ne doute pas d’être affecté par d’absurdes pathologies et autres mauvaises habitudes… Mais allez, un peu de bon sens et un soupçon d’altruisme : éteignons nos moteurs, sortons faire un tour et profitons de ce qui se passe autour de nous.

Bonne rentrée !

Un coup d’œil sur mon portfolio ?