Le journal interne : pilier de le communication interne

Étrangement, alors que les collaborateurs d’une entreprise en sont les forces vives, on accorde souvent trop peu d’importance au lien qui peut les unir.

Quasiment toutes les entreprises communiquent vers l’extérieur, quelle que soit leur taille. Elles apportent une attention particulière à leur image, leur discours, leur offre et la manière de la présenter, et elles ont raison. Mais si j’interviens pour de nombreux clients sur ce terrain, je voudrais parler aujourd’hui de communication interne.

Une communication interne vivante et cohérente nourrit l’esprit d’équipe. Elle raconte les projets, met en lumière les réussites, valorise les femmes et les hommes qui font l’entreprise au quotidien. Elle crée ce lien invisible mais décisif : le sentiment d’appartenance. Et quand on se sent appartenir à un collectif, on s’engage autrement. On est plus solidaires. Plus robustes face aux tempêtes.

Le pilier de cette dynamique reste, selon moi, le journal interne.
C’est un outil structurant, un espace où l’on prend le temps de raconter l’entreprise, de donner la parole aux équipes, de relier des métiers parfois éloignés. Un journal réussi ne remplit pas des pages : il crée du sens.

Je connais bien ces enjeux. J’ai accompagné de nombreuses entreprises dans leur politique de communication interne. Aujourd’hui, pour l’agence Trait d’Union, j’ai le plaisir d’accompagner deux pôles de VINCI Energies, chacun composé de 40 à 50 entreprises, l’un depuis plusieurs années, l’autre plus récemment. Deux méthodes de travail différentes, deux organisations, mais une même mission : faire de chaque numéro un véritable outil de cohésion, d’identité… et parfois même de fierté partagée.

Quelques exemples ici…

 

C’est d’actu

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« La surexposition du visible, l’accélération des flux visuels, le champ sonore assourdissant, sont les outils quotidiens des nouvelles dictatures. L’exténuation de nos capacités sensitives produit un épuisement des ressources critiques. Le débordement des seuils nous transporte avec violence dans une zone d’indiscernabilité qui n’est pas le site de l’indétermination et de la liberté, mais le lieu fantasmatique où s’éprouve la disparition des limites. Ce fantasme sous-tend le néofascisme des images et des sons qui s’empare des corps sans parole. »

Marie-José Mondzain

La réalité diminuée

If AI becomes conscious: here's how researchers will know

On n’est pas naïf non plus

L’année 2023 a été marquée par le surgissement de Chat GPT dans le débat public, et avec lui des IA en général. Après une période d’étonnement (au sens littéral, « frappé par la foudre ») voire de stupeur, on s’est aperçu que le terme intelligence n’était peut-être pas si approprié que ça (même si, d’ici quelques années…), et que monsieur GPT allait passer un moment dans le rôle de fidèle assistant avant de revoir ses ambitions à la hausse – tout en sachant que ça allait nous tomber dessus tôt ou tard, on n’est pas naïf non plus.

Vraiment trop docile…

Bon d’accord, l’intelligence artificielle n’est pas à proprement parler intelligente, mais elle est sans conteste chaque jour plus performante, et toujours aussi… désespérément docile. Alors OK, fidèle assistant, mais comment, et de qui ? Tous ceux d’entre nous qui ont essayé Chat GPT ont constaté que selon la demande, la réponse pouvait être tout aussi crédible qu’erronée. La paresse de certains scientifiques qui ont publié quasiment tels quels des articles écrits par leur fidèle assistant dans des revues très sérieuses a finalement été démasquée, mais jusqu’à quand ?

Ils ne sont pas gentils !

Poussons le curseur un peu plus loin… Si ce genre d’anecdote peut prêter à sourire (quoi que…), nous savons que nombre de lascars pas tous très gentils sont passés maîtres dans l’utilisation de la bête docile et de sa puissance exponentielle. Avec eux, la présence de l’IA et de son potentiel de nuisance est déjà devenue presque banale sur les terrains économique, politique ou géopolitique ; alors, prenons acte du fait que la bonne vieille fake news à la papa est en voie de disparition et saluons l’éblouissante et bluffante deepfake. Ainsi, la réalité se dissout dans des océans de gros vilains mensonges, son terrain est rogné par la gloutonnerie des « vérités alternatives » ; et si nous nous sommes récemment émerveillés devant la réalité augmentée, aujourd’hui, constatons l’avènement de ce que j’appelle la « réalité diminuée ».

Car pendant que la réalité augmentée est enrichie par un outil ou un procédé quelconque, la réalité diminuée est affaiblie par des agressions destinées à la faire disparaître.

1984 2.0

J’ai publié il y a quelques années un roman intitulé « L’Usine » (Éditions D’un Noir si Bleu) qui avait été à l’époque qualifié de 1984 2.0. Cette dystopie est basée sur le constat que l’humain est en mesure de s’infliger les pires difficultés, les pires calamités tout seul, que la plupart de ces calamités sont simplement issues de son état d’humain. De la création de systèmes politiques ou économiques aberrants à la mise en œuvre d’armes de destruction massive, il est son propre bourreau : besoin de personne, tout seul comme un grand. Bon, il est aussi capable de l’inverse.

Mais quand même

En communication (comme dans d’autres secteur d’activité, mais quand même), nous avons des questions à nous poser. À la différence du monde de l’information, celui de la communication flirte avec le réel. Il joue de la séduction qui est, il faut l’avouer, une légère distorsion de la réalité. Bien entendu, les outils IA intègrent petit à petit le quotidien des communicants ; ceci dit, nous avons déjà vécu quelques révolutions, ces derniers temps… Alors on fait quoi ?

Et n’hésitez-pas à donner un coup d’œil à mon portfolio, il y a des nouveautés…

Les photos amusantes d'Hilary Campilan réalisées avec l'IA

Photo Hilary Campilan

Le journal interne : bien plus qu’un journal

Une entreprise est avant tout composée d’êtres humains… Cette affirmation vous paraît frappée au coin du bon sens ; pourtant, pour avoir visité de nombreuses organisations de toutes tailles et de toutes sortes, je crois nécessaire qu’on se la remémore régulièrement.

Ces êtres humains, à la différence des machines, éprouvent des émotions, des sentiments, ressentent des besoins d’appartenance ou de reconnaissance, etc. (là non plus, je ne fais preuve ni d’originalité, ni même d’une acuité particulière). C’est pourquoi il est essentiel d’entretenir un lien entre les femmes et les hommes qui composent cette drôle d’entité qu’est une entreprise.

À l’heure où de nombreux secteurs d’activité sont en tension, à l’heure où les individus attendent davantage de sens au travail, où les entreprises se soucient de plus en plus de leur marque employeur, j’ai eu envie de vous parler d’un must de la communication : j’ai nommé le journal interne.

Au-delà du simple média, le journal interne est un formidable outil de cohésion, de transmission ou d’intelligence collective, qui crée un solide sentiment d’appartenance. Ses vertus sont trop nombreuses pour être détaillées ici, et différentes selon le projet et la forme.

Car il existe plusieurs manières de considérer son journal interne. Pour ma part, je suis intervenu sur nombre d’entre eux depuis le milieu des années 1990, de la réécriture à la participation aux comités de rédaction en passant par les interviews, la rédaction d’articles ou encore le choix des sujets. À chaque cas son mode de fonctionnement. Voici deux exemples.

Tout d’abord, POMAGAZINE, que je rédige entièrement depuis maintenant plus de 10 ans (bon sang !) pour… POMA. Ici, le journal est conçu de manière totalement horizontale. Le directeur de la publication et maître d’œuvre est un collaborateur de l’entreprise qui ne fait pas partie du service communication. À chaque numéro, il me présente des interlocuteurs qui me parleront de leur parcours, de leur métier, de leur service ou de leur passion.

Concernant ICEM Inside, magazine du pôle Industrie Centre-Est Méditerranée de VINCI Energies, tout commence par un comité de rédaction animé par le responsable marketing et communication. Le comité en question est composé de certains représentant des 44 entreprises du pôle, ainsi que de la directrice de clientèle de l’agence Trait d’Union et de votre humble serviteur.

« Et les sujets ? », me direz-vous… Eh bien, si le choix est vaste, la sélection doit être rigoureuse : qui sommes-nous, à qui parlons-nous, où souhaitons-nous aller ? Je peux en tout cas recommander de privilégier l’humain même si l’on parle de technologie ou de business, d’évoquer la stratégie de l’entreprise, d’aborder régulièrement sa politique RSE, de laisser toujours une place à une rubrique « Passion », « Loisirs », voire « Jeux »

Je terminerai par la rédaction. Selon l’activité et la taille de l’entreprise, son lectorat et l’objectif poursuivi, il est important d’adapter le ton : institutionnel, proche ou encore humoristique. Chaque détail compte : le rédacteur doit-il s’adresser directement au lecteur en utilisant le « vous » ? Doit-il toujours désigner un témoin ou un intervenant par son nom et son prénom ? Etc. Mais surtout, je crois qu’un texte de qualité demande beaucoup d’empathie. Lors de mes entretiens, je vis toujours des moments intenses avec mes interlocuteurs, car ils sont tous uniques.